La RSE chez Kercia : l’impact avant les mots

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RSE chez Kercia

Pas de grand discours ni de leçon à donner. Lors du dernier Club RSE d’Inovallée, Fabrice Fernandez, co-fondateur de Kercia, est venu partager son expérience telle qu’elle est : des clients toujours plus exigeants, des équipes à mobiliser, des indicateurs à construire et, au final, de nouvelles opportunités pour l’entreprise. Une discussion ouverte qui illustre parfaitement l’esprit du Club RSE : apprendre les uns des autres

Chez Kercia, la RSE a commencé par des questions… de clients

« Au départ, notre objectif n’était pas de décrocher une médaille EcoVadis. Nous voulions simplement répondre correctement à nos clients. »

En accueillant le dernier Club RSE d’Inovallée dans ses locaux, Kercia a partagé sans détour son retour d’expérience sur une démarche qui s’est construite progressivement, au fil des années.

Spécialisée dans le vote électronique et les consultations professionnelles, l’entreprise travaille depuis plus de vingt ans avec de grands donneurs d’ordre tels qu’Airbus, Danone, Nestlé, la SNCF ou de nombreuses collectivités territoriales. Comme beaucoup de PME, elle a commencé à voir apparaître dans les appels d’offres et les processus de référencement de plus en plus de questions relatives à la RSE.

« Au début, c’était surtout une demande client. Certains contrats devenaient plus compliqués à obtenir sans éléments de réponse solides. Nous avons compris qu’il fallait structurer notre démarche. »

Apprendre avant d’agir

Plutôt que de partir d’une feuille blanche, Kercia est allée chercher de l’inspiration auprès d’autres entreprises. L’équipe a interrogé son réseau, rencontré des organisations plus matures sur ces sujets et analysé leurs pratiques.

« Nous avons découvert une entreprise dont l’approche nous a vraiment marqués. Elle travaillait simultanément les dimensions environnementales, sociétales et de gouvernance. Cela nous a montré qu’il était possible d’avoir une vision d’ensemble. »

Cette phase d’observation a permis à Kercia de construire progressivement sa propre feuille de route.

Faire de la RSE un sujet collectif façon Kercia : les KD, ou « Krément Durables »

L’un des enseignements majeurs partagés lors de ce retour d’expérience concerne la gouvernance.

Chez Kercia, la RSE n’est pas portée par une seule personne. Une équipe interne s’est constituée autour de plusieurs thématiques : sobriété, éthique, impact humain ou encore gouvernance. Chaque collaborateur porte un sujet spécifique.

« Le dirigeant doit être sponsor. Sans soutien de la direction, il est difficile de faire avancer les choses durablement. »

L’entreprise a baptisé ce collectif les « Krément Durables », KD pour les intimes, avec la volonté d’ancrer ces réflexions dans le quotidien des équipes plutôt que dans un document de référence rangé sur une étagère.

Donner des preuves plutôt que des promesses : un calculateur d’impact carbone

Très vite, un autre sujet s’est imposé : celui de la mesure. Comment démontrer qu’un vote électronique est plus vertueux qu’un vote papier ? Comment objectiver les bénéfices ?

Pour répondre à ces questions, Kercia a développé son propre calculateur d’impact carbone.

L’outil permet de comparer différentes modalités d’organisation d’un scrutin et d’estimer les émissions associées. Qui parfois pèsent lourd dans certains grands votes papier, où la logistique représente des volumes considérables : impression, transport, distribution, retours des enveloppes, déplacements des électeurs… Autant d’éléments qui alourdiddent le bilan carbone global !

Cette capacité à mesurer permet aujourd’hui à Kercia de sensibiliser ses clients et de les accompagner dans leurs choix en s’appuyant sur des données concrètes plutôt que sur des discours de principe.

Une démarche qui finit par transformer l’entreprise : quand les valeur deviennent stratégie

Si les motivations initiales de formalisation de la démarche étaient essentiellement liées aux attentes des clients, les bénéfices observés dépassent désormais largement ce cadre. Et sont surtout parfaitement alignées aux valeurs de l’équipe dirigeante, qui n’avait pas attendu Ecovadis pour agir !

Kercia estime avoir investi environ 20 000 euros dans l’accompagnement et la structuration « qualité » de sa démarche RSE. Un investissement qui, selon l’entreprise, a été rapidement rentabilisé.

La prise en compte des critères RSE est aujourd’hui devenue incontournable dans de nombreux appels d’offres. Certains grands donneurs d’ordre intègrent désormais des seuils minimums de performance extra-financière. La démarche permet également d’aborder plus sereinement les questionnaires fournisseurs qui se multiplient.

Mais les effets sont aussi internes.

L’entreprise a fait évoluer sa gouvernance avec un modèle associant largement les collaborateurs. Aujourd’hui, dix associés participent à la vie de l’entreprise. Les nouveaux associés sont issus des équipes et recrutés en interne.

« Quand les salariés deviennent associés, ils changent de regard sur l’entreprise. Ils passent progressivement d’une logique de salarié à une logique d’entrepreneur. »

Cette ouverture de la gouvernance est perçue par l’équipe comme l’une des conséquences directes de la réflexion engagée autour de la responsabilité de l’entreprise et du partage de la valeur.

Une empreinte responsable de A à Z

Médaillé d’or 2025 Ecovadis pour son engagement, Kercia entend bien obtenir l’or cette année, grâce à un engagement sans faille sur tous les volets.

Car ce qui ressort du témoignage de Kercia, c’est la volonté d’agir sur l’ensemble de son empreinte, bien au-delà de son cœur d’activité.

L’entreprise a ainsi intégré les enjeux environnementaux dans la conception même de son siège social, construit majoritairement avec des acteurs locaux et des matériaux à faible impact carbone.

Les équipes travaillent également sur les mobilités douces, identifiées comme l’un des principaux postes d’émissions de leur bilan carbone, à travers le télétravail, les aménagements pour les cyclistes ou encore l’accès facilité aux transports en commun.

Même les infrastructures numériques sont concernées, avec le choix de centres de données à haute performance énergétique et une démarche de sobriété numérique.

Une approche qui reflète bien la philosophie défendue lors du Club RSE : la responsabilité ne se résume pas à quelques actions symboliques, elle se construit progressivement, dans une multitude de décisions concrètes qui, mises bout à bout, transforment durablement l’entreprise.
+ d’infos : https://www.kercia.com/actualites-rse

La RSE comme outil de pilotage et de différenciation des PME

Les échanges qui ont suivi ont montré que Kercia n’était pas un cas isolé.

Tous les participants ne sont pas au même niveau d’avancement. Certains commencent à peine à structurer leur approche. D’autres préparent des audits exigeants comportant plusieurs centaines, voire milliers de critères, comme le CSRD.

Mais une idée a largement fait consensus au cours de la matinée : la RSE n’est plus uniquement un sujet réglementaire ou de communication.

Pour les entreprises, elle devient progressivement un outil de pilotage, un facteur de différenciation et parfois même un passeport pour accéder à certains marchés.

Et comme l’a montré l’exemple de Kercia, l’essentiel n’est sans doute pas de viser immédiatement la perfection, mais de commencer à avancer, une marche après l’autre.

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