Santé mentale au travail : repérer les signaux, agir tôt, ne pas rester seul

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Retour d’expérience et boîte à outils RH à partir du dernier Club RH d’Inovallée

La santé mentale au travail n’est plus un sujet périphérique. Elle traverse aujourd’hui toutes les organisations, tous les métiers et toutes les tailles d’entreprise. Dans un contexte de tension, de transformations rapides et de surcharge chronique, savoir repérer les signaux de fragilité psychologique et adopter les bons réflexes devient un enjeu humain, managérial… et stratégique.

C’est à ce sujet que le Club RH d’Inovallée a consacré sa dernière rencontre, en partenariat avec EtioNov, cabinet de santé mentale pour l’entreprise.

Animée par Stéphanie Balbo, fondatrice d’EtioNov, et Julie Falhun, consultante et formatrice en santé mentale, la session a réuni les responsables RH et managers du territoire autour d’un objectif clair :
👉 mieux comprendre, mieux repérer, mieux accompagner, sans se substituer aux professionnels de santé.

Pourquoi parler de santé mentale au travail aujourd’hui ?

Quelques chiffres rappellent l’ampleur du sujet :

  • 1 personne sur 4 connaîtra un trouble psychique au cours de l’année (OMS),
  • La santé mentale représente 163 milliards d’euros de coût en France,
  • En entreprise, elle pèse jusqu’à 14 000 € par salarié et par an (absentéisme, désengagement, erreurs, turn-over),
  • 34 % des salariés sont en situation d’épuisement professionnel, dont 13 % en burn-out sévère.

👉 La santé mentale n’est pas un sujet individuel isolé : elle est directement liée à l’organisation du travail, aux pratiques managériales et aux contextes collectifs.

Santé mentale : un continuum, pas un tout ou rien

Un message clé partagé lors du Club RH : la santé mentale est un état fluctuant, situé sur un continuum allant du bien-être à la difficulté ponctuelle, jusqu’au trouble durable.

Elle résulte toujours d’une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Bonne nouvelle : le rétablissement est possible, à condition de repérer tôt et de ne pas laisser la situation s’installer.

Les “signaux pas si faibles” : apprendre à repérer le changement

Le cœur de la matinée a porté sur le repérage des signaux faibles, souvent visibles bien avant qu’une situation ne se dégrade sérieusement.

Les principaux types de signaux à observer

  • Comportementaux : retrait social, isolement, retards répétés, erreurs inhabituelles, agitation excessive.
  • Émotionnels : irritabilité, hypersensibilité, pessimisme, perte de confiance.
  • Cognitifs : troubles de la concentration, indécision, pertes de mémoire, procrastination.
  • Relationnels : conflits répétés, repli, contrôle excessif, difficulté à déléguer.
  • Physiques : fatigue persistante, troubles du sommeil, douleurs, variations d’appétit ou de poids.
  • Verbaux : “je n’en peux plus”, “je n’y arrive plus”, discours dévalorisant ou catastrophiste.

La règle d’or rappelée par les intervenantes

👉 Ce n’est pas un signe isolé qui alerte, mais le changement :

  • son intensité,
  • sa durée (au-delà de 2 à 3 semaines),
  • sa rupture avec le fonctionnement habituel de la personne.

« Il ne faut pas tout comprendre pour pouvoir aider. Il suffit d’être là. »

Managers et RH : un rôle clé, sans être psychologue

Un point fort du Club RH : dédramatiser le rôle des managers et RH.

👉 Vous n’avez pas à poser un diagnostic.
👉 Vous avez un rôle de repérage, d’écoute et d’orientation.

Dès l’apparition d’un mal-être ou de signaux faibles, le rôle managérial commence.

REX – Boîte à outils RH : 7 tips pour agir concrètement

✅ Tip 1 – Ne jamais minimiser un mal-être

Même s’il semble “léger” ou temporaire.
La minimisation est souvent le premier frein à la prévention.

✅ Tip 2 – Repérer avant de comprendre

Observez ce qui a changé, depuis quand, et dans quel contexte (charge, organisation, équipe, management).

✅ Tip 3 – Ouvrir un espace de dialogue sécurisé

Exprimer une inquiétude factuelle et bienveillante :

« Je te sens différent·e en ce moment, je m’inquiète pour toi. Est-ce que tu veux en parler ? »

Sans jugement, sans interprétation.

✅ Tip 4 – Éviter les réflexes “solution”

Ne pas chercher à résoudre, conseiller ou relativiser.
👉 Écouter est déjà une action.

✅ Tip 5 – Adapter le travail quand c’est possible

Réguler la charge, ajuster les priorités, clarifier les attentes : parfois, de petits ajustements évitent une dégradation majeure.

✅ Tip 6 – Savoir orienter et ne pas rester seul

Mobiliser les relais internes et externes :

  • Médecin du travail / SPST,
  • RH, CSE, référent harcèlement,
  • Ressources externes (INRS, ANACT, experts comme EtioNov).

En cas de danger immédiat : 15 / 112 / 3114.

✅ Tip 7 – Inscrire la santé mentale dans la durée

Sensibilisation, formations, espaces de parole, travail sur l’organisation :
la prévention est collective, pas uniquement individuelle.

Ce qu’il faut retenir

  • La santé mentale concerne tout le monde, managers compris.
  • Les signaux sont souvent visibles… quand on sait où regarder.
  • Agir tôt, c’est protéger les personnes et l’organisation.
  • On n’a pas besoin d’être psy pour agir, mais on ne doit pas agir seul.

👉 Le Club RH d’Inovallée confirme ainsi sa vocation : outiller concrètement les entreprises du territoire, en abordant sans tabou des sujets complexes, au plus près des réalités de terrain.

Et pour information, inovallée organise des formations PSSM avec Julie Falhun !

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