Le réseautage est souvent mal compris.
Tantôt perçu comme une mise en scène sociale, tantôt comme un exercice intéressé, il génère chez de nombreux dirigeants une forme de résistance silencieuse.
Pourtant, lorsqu’il est clarifié, intentionnel et piloté, le réseau redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace de relations professionnelles sincères, au service de la décision et du développement.
Reste alors une question essentielle : comment reprendre la main sur son réseau, concrètement, sans perdre en authenticité ?
C’est ce que nous explique Bianca Clapot, fondatrice de Dynamiques d’alliances, partenaire d’inovallée, et intervenante du premier apéro Tarmac de l’année.
Faire l’inventaire : rendre visible ce qui influence déjà vos décisions
La première étape est souvent la plus simple… et la plus révélatrice : mettre à plat son réseau existant.
Lister ses contacts (partenaires, clients, anciens collègues, pairs, prescripteurs, relations institutionnelles…) permet de rendre visible ce qui, jusqu’ici, agissait de manière diffuse.
Très vite, des évidences émergent :
- des relations qui nourrissent,
- d’autres qui stagnent,
- certaines qui sollicitent beaucoup sans réelle réciprocité,
- et enfin, des liens devenus obsolètes.
Ce travail n’est ni froid ni cynique.
Il est stratégique.
Piloter son réseau, c’est accepter que toutes les relations n’ont ni le même rôle, ni la même intensité, ni la même temporalité.
Choisir ses relations plutôt que les subir
Une fois cette cartographie réalisée, une question s’impose naturellement : où souhaitez-vous investir votre énergie relationnelle ?
Certaines relations méritent d’être approfondies, structurées, nourries dans la durée.
D’autres gagnent à rester ponctuelles, activables à des moments précis.
Et puis il y a celles que l’on peut laisser s’éteindre, sans conflit, sans rupture, simplement par choix.
Ce tri n’est pas un désengagement humain.
C’est un allègement mental.
En clarifiant ses priorités relationnelles, un dirigeant gagne du temps, de la lisibilité… et de la disponibilité pour les liens qui comptent vraiment.
Liens forts, liens faibles : comprendre ce qui crée de la valeur
C’est ici qu’intervient une distinction essentielle, souvent méconnue : celle entre liens forts et liens faibles.
Les liens forts sont ceux de la proximité : famille, amis proches, associés historiques, cercles de confiance immédiats.
Ils sont précieux, sécurisants, porteurs de soutien émotionnel.
Mais ils évoluent généralement dans des univers déjà connus, avec des informations redondantes.
Les liens faibles, à l’inverse, sont plus distants : relations croisées ponctuellement, anciens contacts, connaissances professionnelles peu sollicitées.
Ils impliquent moins d’émotion, moins de fréquence… mais ouvrent des portes inattendues.
Ce sont souvent ces liens faibles qui :
- connectent des univers professionnels différents,
- apportent des informations nouvelles,
- ouvrent l’accès à de nouveaux réseaux,
- déclenchent des opportunités que les cercles proches ne pouvaient pas offrir.
Autrement dit : ce qui semble périphérique est parfois ce qui crée le plus de mouvement.
Piloter, c’est orchestrer, pas accumuler
Piloter son réseau ne consiste donc pas à multiplier les contacts.
Il s’agit d’orchestrer des relations de nature différente, selon des objectifs clairs.
Un réseau équilibré repose sur :
- des liens forts, pour la stabilité et l’ancrage,
- des liens faibles, pour l’ouverture et l’opportunité,
- et surtout, une conscience aiguë de ce que chaque relation apporte et peut recevoir.
Ce pilotage transforme profondément la posture du dirigeant : on ne “fait plus du réseau”, on compose un écosystème relationnel au service de sa vision, de son développement et de sa capacité à décider.
Du réseau subi au réseau choisi
Réseauter de manière stratégique, ce n’est pas calculer chaque interaction.
C’est choisir où porter son attention, comprendre les dynamiques à l’œuvre, et accepter que la qualité prime toujours sur la quantité.
Quand le réseau devient lisible, il cesse d’être une charge.
Il devient un levier.
Un levier de développement, certes.
Mais aussi un levier de clarté, de discernement et de liberté décisionnelle.
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Je suis Bianca Clapot. J’accompagne les dirigeantes et dirigeants dans la structuration de leurs réseaux professionnels pour en faire de véritables actifs stratégiques.