L’IA agentique, nouveau terrain de jeu stratégique pour Capgemini qui anticipe une révolution structurelle des organisations

A VPN is an essential component of IT security, whether you’re just starting a business or are already up and running. Most business interactions and transactions happen online and VPN

À l’occasion de son Capital Markets Day 2026, Capgemini a placé l’IA agentique au cœur de sa nouvelle feuille de route stratégique. Pour le groupe, l’IA agentique ne constitue pas une évolution technologique de plus, mais un basculement. En structurant sa feuille de route autour de cette nouvelle génération d’IA, le groupe anticipe une transformation systémique des grandes organisations — et se positionne en chef d’orchestre de cette mutation.

L’IA agentique change de statut. Après la vague des assistants conversationnels et des cas d’usage ponctuels, les grands groupes de services numériques cherchent désormais à se positionner sur la prochaine étape : des systèmes capables d’agir, de coordonner des tâches complexes et de s’inscrire dans les processus métiers à grande échelle.

C’est précisément le pari formulé par Capgemini. Réuni à Londres le 27 mai pour son Capital Markets Day 2026, le groupe français a dévoilé une feuille de route stratégique qui fait de l’IA agentique l’un des principaux moteurs de sa croissance à horizon 2028. Plus qu’un effet d’annonce, le message est limpide : pour l’entreprise, la bataille de l’IA ne se jouera pas seulement sur les modèles ou les interfaces, mais sur la capacité à transformer concrètement les organisations.

« L’IA agentique marque un tournant décisif en matière de création de valeur pour les grandes entreprises », a déclaré Aiman Ezzat, directeur général du groupe Capgemini.
« Déployer l’IA agentique à grande échelle représente un niveau de complexité sans précédent : c’est une révolution profonde de tout le fonctionnement de l’entreprise, et non un simple déploiement technologique. »

Passer de l’expérimentation à la refonte des entreprises

Dans sa lecture du marché, Capgemini estime que l’adoption de l’IA entre dans une nouvelle phase. Jusqu’ici, beaucoup d’entreprises ont multiplié les pilotes, les démonstrateurs ou les outils orientés productivité. Mais, pour le groupe, l’enjeu est désormais tout autre : intégrer l’IA au cœur des opérations, des chaînes de décision, de la production, des services et des systèmes d’information.

Autrement dit, l’IA agentique ne serait pas une simple couche supplémentaire dans la pile technologique existante. Elle imposerait, selon Capgemini, une refonte plus profonde : modernisation des systèmes hérités, nouveaux outils d’orchestration, gouvernance repensée, articulation entre humains et agents intelligents, et transformation simultanée des métiers, de l’IT et des opérations.

Le groupe insiste d’ailleurs sur ce point : pour les grandes organisations, publiques comme privées, le sujet n’est pas uniquement de déployer une technologie innovante. Il s’agit d’un chantier de transformation business complet, qui exige à la fois stratégie, data, architecture, ingénierie, conseil métier et capacité de delivery à grande échelle.

Cinq gisements de valeur identifiés

Pour justifier sa stratégie, Capgemini structure son analyse autour de cinq grands gisements de valeur liés à l’IA agentique.

Le premier concerne la modernisation de la dette technologique. L’idée est simple : une partie des systèmes hérités, longtemps trop coûteux ou trop complexes à refondre, pourrait désormais être modernisée plus rapidement grâce à l’IA. Et cette modernisation devient, dans la vision du groupe, une condition préalable au passage à l’échelle.

Deuxième axe : l’émergence d’un nouveau stack technologique agentique. Capgemini considère que les entreprises devront revoir en profondeur leur environnement technique pour accueillir des agents capables d’interagir, de décider et d’exécuter.

Troisième sujet : la création d’une tour de contrôle des agents, ou control plane, pour orchestrer, superviser et gouverner cette future “main-d’œuvre agentique”. Derrière cette terminologie, on retrouve une question devenue centrale : comment piloter des systèmes d’IA multiples, autonomes, distribués, tout en gardant la maîtrise des risques, des règles et des responsabilités ?

Les deux derniers gisements relèvent davantage des usages métiers. L’un touche à l’agentification des produits et services, ainsi qu’à leur conception et leur fabrication — une dynamique qui doit nourrir, selon Capgemini, une nouvelle phase de l’Industrie Intelligente. L’autre concerne l’agentification des opérations, avec la promesse d’une transformation des fonctions support, de la relation client, des back-offices ou encore des chaînes de traitement.

En filigrane, le groupe avance une conviction : la valeur ne viendra pas seulement des gains de productivité, mais d’une reconfiguration plus large de la manière dont les entreprises conçoivent, produisent et opèrent.

Une manière de consolider son positionnement face à l’accélération du marché

Cette prise de parole est aussi une manière, pour Capgemini, de conforter sa place dans la chaîne de valeur de l’IA. Le groupe veut se présenter non comme un simple intégrateur technologique, mais comme un partenaire global de transformation, capable d’intervenir sur toute la trajectoire : de la stratégie à l’exécution, en passant par l’ingénierie et les opérations.

C’est d’ailleurs l’un des messages centraux du communiqué : Capgemini revendique une combinaison rare entre expertise sectorielle, compétences technologiques, savoir-faire industriel et capacité à piloter des transformations complexes à l’échelle mondiale. Le groupe met également en avant son écosystème de partenaires technologiques, ses investissements précoces dans la data, le cloud et l’IA, ainsi que ses acquisitions récentes ou passées — en particulier Altran pour l’Industrie Intelligente et WNS pour les Opérations Intelligentes.

L’entreprise souligne également l’évolution de son modèle de delivery, avec des dispositifs conçus “nativement pour l’IA” et la montée en puissance de profils baptisés Outcome Deployed Engineers, présentés comme des ingénieurs mobilisés au service du résultat business plus que de la seule exécution technique.

Cette sémantique n’est pas anodine : elle traduit une volonté de se positionner dans une phase du marché où les clients attendent moins des promesses que des trajectoires de déploiement crédibles, mesurables et pilotables.

Une ambition financière qui s’appuie sur la promesse d’une valeur plus tangible

Au-delà du discours stratégique, Capgemini a aussi fixé son cap financier à horizon 2028. Le groupe vise une croissance annuelle moyenne de son chiffre d’affaires comprise entre +5,5 % et +7,5 % à taux de change constants sur la période 2025-2028, dont environ deux points liés aux acquisitions. Il ambitionne également de porter son nouveau résultat d’exploitation ajusté entre 12,1 % et 12,3 % du chiffre d’affaires, soit une progression de 130 à 150 points de base, et de générer plus de 6 milliards d’euros de free cash flow organique cumulé entre 2026 et 2028.

Là encore, le message est clair : pour Capgemini, l’IA agentique n’est pas seulement un récit d’innovation. C’est un levier attendu de montée en gamme, de création de valeur et d’amélioration de la rentabilité.

Reste une question de fond, qui dépasse le seul cas du groupe : les promesses de l’IA agentique peuvent-elles réellement se traduire, à court terme, en transformations massives et en création de valeur durable dans les grandes organisations ? Capgemini répond par l’affirmative — à condition de traiter le sujet comme une transformation d’entreprise totale, et non comme un simple projet technologique de plus.

C’est précisément sur cette ligne de crête que se joue sans doute la prochaine bataille de l’IA dans les grands comptes : moins dans l’effet waouh des démonstrations que dans la capacité à industrialiser, gouverner et rendre rentable cette nouvelle génération de systèmes intelligents.

Source : https://www.capgemini.com/fr-fr/wp-content/uploads/sites/6/2026/05/Capgemini_-_2026-05-27_-_Capital_Markets_Day_2026.pdf

Suivez-nous !

À propos d'Inovallée

Labellisée par Retis, inovallée est une technopole de l’innovation durable située près de Grenoble, au pied des montagnes.

Derniers articles

Besoin d'un accompagnement ?