Financement des startups : principes, étapes et partenaires clés

Le 6 juin dernier, Claire Chanterelle (Le Tarmac) et Marylise Ratel (BPI) animaient à l’occasion d’Inosport un atelier sur le financement des startups.

L’occasion de rappeler quelques principes clés de la stratégie de financement :

  • Le financement nécessite de mettre en place très en amont (dès l’ante-création) une roadmap stratégique qui permette de suivre le développement de la startup sur les 3 à 5 premières années
  • Le financement doit s’appuyer sur un bon mix qui associe (notamment)
    • Les subventions pour les études de faisabilité
    • Les aides publiques à l’innovation (notamment celle de BPI) et les concours
    • Les aides fiscales (JEI, CIR, etc)
    • La dette bancaire
  • Toute la stratégie de financement repose sur les fonds propres, qui servent de base à la fois aux aides publiques et au ratio d’endettement, et qui doivent être maximisés à chaque étape via
    • Les capitaux propres des fondateurs (qui peuvent être augmentés grâce aux prêts d’honneur)
    • La love money et les business angels
    • Les éventuelles levées de fonds (en fonction des business models, du secteur d’activité, de l’ambition et de la nécessité d’accélération)
  • L’ennemi numéro un de la startup : la trésorerie (seule capable de lui permettre d’encaisser les retards de R&D, de démarrage commercial ou de levée de fonds)

Les étapes clés et les principaux mécanismes à activer

  • En pré-création : les subventions liées à la faisabilité du projet, qui permettent de financer des prestations externes destinées à valider un point critique (faisabilité technique, proprité industrielle, étude de marché, etc). Il en existe deux :
    • Startup&Go Emergence (via France Initiative et la CCIG)
    • Bourse french Tech PBI anté-création (via BPI, sous réserve d’être suivi par une structure d’accompagnement)
  • En création
    • Les prêts d’honneur : Startup&Go création (via les réseaux France Initiative et Entreprendre).
    • Les aides PBI : bourses French Tech création (30 K€) et Emergence (90K€ pour les deeptechs)
    • Le prêt bancaire avec contre-garanties BPI et/ou Europe : la plupart des banques ont désormais des cellules innovation pour les startups et co-financent en partenariat avec BPI
  • En développement
    • Les aide fiscales :
      • le statut JEI/JEU permet aux startups innovantes ou universitaires de bénéficier d’exonérations.
      • Le CIR / CII : des crédits d’impôts pour les activités de R&D (avec réelle avancée par rapport à l’état de l’art). Attention, le CIR est strictement contrôlé et ne s’applique qu’à certaines activités, certaines dépenses, certains profils de postes, avec un suivi du temps passé pour chaque personne concernée sur chaque projet de R&D. A titre d’info, le CIR peut être doublé dans le cas de contrats de recherche avec des laboratoires publics.
      • L’embauche d’une jeune docteur en CDI
    • Les aides BPI, qui suivent les étapes de développement de l’entreprise
    • Les dispositifs qui permettent de faire appel à des prestataires externes avec un co-financement public
      • Ambition PME : 19 programmes qui balayent tous les champs stratégiques de l’entreprise
      • Développement commercial : Gate1
  • La levée de fonds : il existe plus de 150 fonds en France, qui interviennent à différentes étapes de la vie de l’entreprise (amorçage, capital risque, fonds de développement), et sont souvent sectorisés. La levée de fonds est un processus long et sélectif (1% des dossiers financés), qui est parfois nécessaires (dans certains secteurs comme les biotechs qui sont très capitalistiques avec des temps d’accès au marché très long), souvent recommandé si l’on souhaite accélérer et se développer rapidement à l’international, mais qui est loin d’être le seul modèle de développement possible des jeunes entreprises innovantes. Une croissance plus modeste basée sur le chiffre d’affaires sur un modèle TPE / PME est une véritable alternative économique, notamment pour les dirigeants qui souhaitent rester durablement à la tête de leur projet. Car entamer une série de levée de fonds sous-entend prévoir une stratégie d’exit …
  • Le crowd-funding : que ce soit en equity, en don (avec ou sans contrepartie), en prêt ou en roytalties. Les deux premiers sont les plus utilisés par les startups : l’equity pour augmenter ses fonds propres et favoriser la love money, le don et notamment avec contrepartie qui correspond à de la pré-vente pour tester son marché, réaliser une campagne de communication, et financer l’industrialisation de ses premières séries.

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