ALPAO voit grand dans l’infiniment petit… retour sur la porte ouverte « Greenovations » !

ALPAOConcevoir, développer et fabriquer des composants d’optique adaptative pour la recherche et l’industrie, telles sont les activités de ALPAO, qui se positionne aujourd’hui comme un leader du miroir déformable (et non déformant :-)). Une vingtaine de personnes avait fait le déplacement lors de la porte ouverte « Greenovations », le 18 mai dernier, pour découvrir cette technologie « intrigante ».

 

Restituer une image de très haute résolution, sans déformation : possible ?

Pour commencer, une boucle d’optique adaptative comporte 3 éléments essentiels que sont :  la source de lumière (la caméra), le capteur, qui va analyser la déformation du rayon lumineux et le miroir déformable, qui va permettre de restituer une image non déformée. Tout rayon lumineux est déformé par son environnement (comme lorsque l’on regarde un mirage par exemple). ALPAO va donc corriger cette déformation et restituer l’image telle qu’elle était d’origine. En quelques micro secondes, le miroir va renvoyer une sorte de négatif de l’image. Le miroir va donc s’opposer à la déformation du rayon lumineux, de façon à annuler cette déformation.

 

De plus près ça donne quoi ?

Vincent Hardy, General Manager de ALPAO, explique en détail la complexité du système. Un miroir comporte des actionneurs, qui permettent de transformer l’énergie qui lui est fournie en un phénomène physique, modifiant ainsi le comportement ou l’état d’un système*. Derrière la fine membrane qui compose le miroir, se trouve des bobines, des aimants et un ressort. En fonction du courant envoyé sur la bobine, l’aimant va monter ou descendre et changer la forme du miroir. L’ultra minutie du système est assez époustouflante surtout lorsque l’on sait qu’un miroir peut contenir jusqu’à 90 actionneurs

Ce qui caractérise la qualité du miroir c’est la vitesse de la déformation, l’amplitude de la déformation, le nombre d’actionneurs et la qualité optique (composant de surface). Tout est assemblé à minima sur Montbonnot, avec très peu de sous-traitance (notamment au regard de la complexité des pièces). Les quelques éléments micro-mécaniques dont ALPAO a besoin sont fabriqués en Suisse et Besançon. Aujourd’hui, un miroir coûte environ 30 000 € (le prix dépend du nombre d’actionneurs présent dans le miroir), c’est pourquoi les quantités de production ne sont pas très grandes.

 

Des projets de grande envergure…

C’est dans le domaine de l’astronomie que l’optique adaptative a été utilisée pour la première fois afin de permettre aux scientifiques d’avoir une image plus nette de leurs observations astrales. Grâce à sa maîtrise du composant en lui même, ALPAO a signé en 2016 deux contrats majeurs, avec l’European Southern Observatory pour développer de nouveaux miroirs déformables pour les instruments de nouvelle génération et un accord avec l’Université d’Etat de Géorgie pour l’amélioration de l’optique adaptative sur les télescopes à CHARA Array

ALPAO se tourne également vers les applications médicales de demain, qui ne nécessiteront aucun examen poussé et invasif d’hospitalisation et avec des moyens de détection plus rapide et moins cher. Comme c’est le cas pour la caméra rétinienne qui, grâce au miroir déformable, va affiner l’analyse de l’œil et ainsi permettre de détecter la maladie d’Alzheimer 3 à 5 ans avant l’apparition des signes cliniques (possible grâce à la mesure du taux de protéine dans l’œil). Leur objectif est donc de voir leur technologie déployée à grande échelle afin d’équiper la majeur partie des hôpitaux.

 

Contact : Vincent Hardy  0476 890 965 – http://www.alpao.com/adaptive-optics/

*source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Actionneur

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