Le fabuleux destin de Wattamate, ou « comment apprendre de ses erreurs pour une startup »

Morgan Melchisen (à droite), cofondateur de Wattamate, la plateforme dédiée à la colocation.

« J’ai commencé à rédiger mon premier business plan il y a 5 ans, tout seul dans une chambre d’hôtel et j’ai fait toutes les erreurs qu’un startupper peut faire », c’est ainsi que commence l’histoire de Morgan Melchisen, co-fondateur de Wattamate, la plateforme dédiée à la colocation, lors de son retour d’expériences en présence des startuppers du Tarmac le 13 mars dernier. « J’ai créé ma boîte sans aller voir BPI avec un capital de 1000€ et sans fonds propres, je me suis fait éjecter. J’ai parlé de mon projet à des personnes à qui je n’aurais pas dû. J’ai accumulé toutes les erreurs possibles…

Au mois de juin 2016, j’ai passé mon oral pour être incubé au Tarmac et ça a été le début de la résurrection, même si ça n’a pas été facile jusqu’au bout. Le fait d’être incubé au Tarmac m’a permis d’échanger avec d’autres startups, de voir que je n’étais pas le seul à galérer comme ça, et de rencontrer des personnes décisives dans la suite de l’aventure. On avait en main des ROI clients ultra favorables et, sans faire de communication, on avait acquis 1200 utilisateurs. On avait tout en main pour réussir. Mais quand j’allais voir les banques, elle me disait que notre concept était trop innovant et que ce n’était pas possible de nous prêter. J’’ai rencontré à cette époque des investisseurs qui m’ont proposé de mettre un ticket d’entrée à 50K et de faire du consulting à 30K€, bref… pas très rentable pour moi.

Je me suis retrouvé en fin de droits de chômage, à devoir vendre ma voiture. Entretemps, je suis aussi devenu papa. La situation commençait à devenir hyper stressante et je commençais à chercher du boulot ailleurs. Heureusement quelques temps auparavant, j’avais entamé des discussions avec des investisseurs, ainsi qu’avec Orevon qui proposait de l’IT for equity. Je leur ai juste présenté mon concept sur un PowerPoint. Au mois d’août, un appel du boss d’Orevon, qui avait fait réaliser une étude sur le marché de la colocation, estimé à 500 millions de dollars, m’a sorti de la galère car il m’a annoncé qu’il investissait en IT for equity dans le projet Wattamate.

Mais il me manquait encore du cash pour pouvoir lancer la communication, recruter, etc. La levée de fonds s’est finalisée en décembre, 15 jours avant que je sois en incapacité de payer mon loyer. 300 000 € sont venus s’ajouter aux 400 000€ en IT for equity. On a pu rapidement embaucher 3 personnes et 4 stagiaires. Mais sans avoir besoin de recruter de développeurs puisqu’on avait pris le parti de l’IT for equity. Voilà comment on est passé de l’enfer à la lumière. Mais avant, ça a été des nuits d’insomnies, j’ai perdu 4 kg en 2 jours. Ce que j’en retiens, c’est que, quelles que soient les galères que vous traversez, ne baissez jamais les bras ! Ce qui a tout changé, ce sont aussi des rencontres décisives, des moments où on accepte de jouer le jeu sans savoir ce que ça rapportera. Il y a un aspect relations humaines hyper important. Au final, si c’était à refaire, je crois que je referais le même chemin, car c’est là où j’ai le plus appris ! »

Les 3 conseils de Wattamate aux startuppers

– Aller chercher les aides avant de créer sa startup (prêts d’honneur Inovizi, bourse FrenchTech…)
– Ne pas rester seul dans son coin, aller à la rencontre de l’écosystème
– Se faire incuber au plus tôt (Morgan a eu l’idée de Wattamate en 2012 et a été incubé en 2016).